Accueil

 COLETTE ENTRE DEUX SIÈCLES

Résultats de recherche d'imagesCe séminaire (Université de Montréal, Automne 2016) fera suite à celui sur Proust (automne 2015) et se situe dans le prolongement des travaux du groupe de recherche sur Les Savoirs des femmes, documentés sur le site www.savoirsdesfemmes.org.

Avec le recul du temps, Colette (Sidonie-Gabrielle Colette, 1873-1954) apparaît de plus en plus comme l’un
des écrivains majeurs du XXe siècle français, avec Proust, son contemporain (1871-1922). Comme lui, ses
racines sont dans le XIXe siècle finissant, dont leur vie et leur œuvre défient les conventions et les
hypocrisies. Cela tout en préparant en profondeur des transformations du masculin et du féminin dont nous
n’avons pas fini d’assimiler les conséquences. Colette, la jeune fille parfaitement libre des années 1900, se
construit progressivement par l’écriture à travers d’abord son personnage de Claudine et l’invention d’un
style et d’une langue extraordinairement personnels. C’est ce processus d’émancipation de tous les
modèles, existentiels et littéraires, que nous étudierons comme porteur des métamorphoses du féminin à la
frontière des deux siècles inventeurs de la modernité.

Bibliographie
Les premiers romans de Colette ont été écrits sous l’influence et avec l’intervention de Willy, son premier
mari, ce qui complique leur approche et dont nous tiendrons compte.
Nous baserons le travail du séminaire sur l’étude de ces premières œuvres, disponibles sous différents
formats :

Œuvres I, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », n° 314, 1984, 1687 p. Éd. publiée sous la
direction de Claude Pichois.
Contient : Claudine à l’école, Claudine à Paris, Claudine en ménage, « Lettre
de Claudine à Renaud » (Le Damier, avril 1905), Claudine s’en va, « Claudine et les contes de fées » (Un
chapitre inédit de « Claudine s’en va », 1937), L’Ingénue libertine, Préface au roman (Œuvres complètes, Le
Fleuron, t. III), La Retraite sentimentale, Les Vrilles de la vigne (les 20 textes de 1935), « Toby-Chien et la
musique » (Le Mercure musical, 1er janvier 1906, et Les Vrilles de la vigne, éd. de 1908), « Printemps de la
Riviera » (La Vie parisienne, 21 mars 1908, et Les Vrilles de la vigne, éd. de 1908), La Vagabonde, « Le
cachet en ville » (Paris-Journal, 20 janvier 1910), Préface au tome IV des Œuvres complètes, Le Fleuron.
Romans, récits, souvenirs, 1900-1919.

Oeuvres, Tome 1, Laffont, coll. « Bouquins ».

Les éditions originales et certaines rééditions des premiers romans ne sont pas disponibles sur Gallica,
mais peuvent être téléchargées depuis le répertoire numérique Hathi Trust : https://catalog.hathitrust.org/

Biographie
Claude Pichois et Alain Brunet, Colette, biographie critique, Paris, de Fallois, 1999.
Madeleine Lazard, Colette, Gallimard, Folio, 2008
Gérard Bonal, Colette, Paris, Perrin, 2014.
François Caradec, Willy – Le père des Claudine, Paris, Fayard, 2004.

Études
Les études non-biographiques sur l’oeuvre de Colette. Nous en ferons l’inventaire.

Journée d’étude
Une journée d’étude consacrée à Colette aura lieu dans la première semaine de novembre à l’Université de Montréal, avec la participation de Martine Reid, spécialiste de la littérature des femmes.

******

PROUST CÔTÉ FEMMES

 

 

Le séminaire «Proust côté femmes» (Université de Montréal, automne 2015) a permis d’étudier la façon dont les thèmes traités par notre groupe de recherche se trouvent à la fois prolongés, amplifiés et transformés dans l’oeuvre de Proust. 
On en trouvera l’écho dans les travaux des étudiants, centrés sur quelques personnages emblématiques de la Recherche. Chez ces derniers, cependant, genre et sexe, bien loin de coïncider, illustrent un trouble profond dont nous avions étudié les prémices dans la littérature et les images produites pendant toute la période fin-de-siècle. 
Proust met ainsi le comble à une évolution irréversible et ouvre en même temps vers ce qui inquiète encore notre modernité.

Les articles au format pdf peuvent être lus ou téléchargés séparément
ou sous forme d’un volume complet

—————————————————————————————————————————-

 

SdesF-Voeux-2016 copy

«La jeune fille est très peu connue au point de vue psychologique, quoique de mode à la scène et dans le roman, et l’adolescente tout à fait méconnue». Cette constatation formulée à la veille de la première Guerre mondiale par une pionnière des études de l’adolescence, notion encore récente à cette époque, éclaire ce qui sera notre point de départ (Marguerite Évard, 1914). Si la période qui s’étend en France de la fin-de-siècle à l’entre-deux-guerres apprend à connaître la jeune fille malgré son identité incertaine et si celle-ci apprend à se connaître elle-même comme à acquérir un certain savoir des autres et du monde, c’est en effet d’abord par le biais de la littérature. Cette dernière – pour l’essentiel : le roman – supplée de bien des façons les lacunes délibérées d’une éducation pensée en fonction de schémas préconçus et destinée à modeler la réalité dans l’espoir qu’elle s’y conformera.

Le roman s’est trouvé depuis toujours dénoncé parce qu’il pervertirait l’imaginaire féminin. Il le fait en effet, mais cette supposée perversion est aussi bien cognition : il oppose une forme d’apprentissage par la fiction à l’éducation parle discours autorisé. Emma Bovary se perd sans doute mais elle n’aura pas tout à fait perdu son temps en explorant des mondes inconnus. La Marquise de Sade chez Rachilde,une génération plus tard, puis l’Albertine de Proust, posséderont des savoirs autrement plus étendus et bien plus subversifs. D’où viennent les savoirs des femmes (jeunes filles devenant jeunes femmes) ? Quelle forme prennent-ils ? Avec quels effets ? La jeune fille et la jeune femme, objets de fiction à l’identité imprécise, peuvent-elles devenir sujets d’une connaissance nouvelle?

Le flirt, inquiétante importation américaine, bouleverse les codes et les mœurs pendant toute la période fin-de-siècle et la littérature comme l’illustration en font un objet privilégié mais ambigu avec des personnages de jeunes filles à la fois modèles d’émancipation et victimes potentielles de nouveaux dangers. De nouveaux savoirs ouvrent sur un nouvel Inconnu et de nouvelles séductions. Tout un champ se découvre ainsi, entre les extrêmes que restent les manuels de  civilité puérile et honnête et les mystères interdits des curiosa.


Michel Pierssens (Université de Montréal, dir.)
 Andrea Oberhuber (Université de Montréal, coll.)
Sophie Pelletier (UQAM, coll.)
Virginie Pouzet-Duzer (Pomona College, coll.)
 


Un choix de communications de la journée d’étude 2014 est en ligne:
Savoirs des Femmes 2014



 

Le groupe de recherche Savoirs des femmes dispose d’une petite bibliothèque de travail, 
modeste et lacunaire, dont le catalogue est public et disponible 
ici


Leave a Reply

Proudly powered by WordPress
Theme: Esquire by Matthew Buchanan.